10 mai 2007

Bogo-quoi ?

    Le Bogolan, du bambara « bogo » (argile, boue) et « lan » (avec, fait de) est la teinture traditionnelle au Mali. Cette technique, mondialement répandue, est pratiquée de façon traditionnelle par de nombreuses ethnies : les Bambara, les Dogon, les Bobo, les Sénofou, les Miniaka et les Malinké. Héritiers de cette tradition, ils développent chacun un style singulier évoluant à travers les âges.

    La datation et l’origine de cette technique restent inconnues… Selon la légende, son apparition serait accidentelle, des taches d’argile étant restées sur le pagne d’une femme ou d’un chasseur…

    Le tissu destiné à être teint est de la cotonnade. Le principe : une succession, à partir du coton blanc, de trempage, de rinçage et de séchage au soleil du Mali. Pour teindre le tissu, on utilise une décoction ocre jaune obtenue en faisant bouillir les feuilles d’un arbre (le « n’galama ») ou une décoction ocre rouge d'écorce du « pecou ». Certaines couleurs n'existant pas à l'état naturel ou devant résister à des lavages plus fréquents sont modernes (bleu, orange, vert...).
Les motifs, figuratifs ou abstraits, symboliques ou non, sont dessinés à l'argile noire, à main levée avec divers instruments voire des pochoirs. C’est à nouveau le soleil qui permet de fixer les couleurs par réaction.
Tout l'art des bogolanistes réside dans le choix du nombre de bains, de couches et les matières utilisées pour obtenir des motifs aux nuances les plus riches.

 

bogolan    La technique du bogolan était autrefois réservée aux femmes âgées pour fabriquer des vêtements pour la communauté. A l'origine chaque tenue, de par ses motifs et ses coloris, était vouée à un usage particulier. Chaque signe reproduit détenait une signification symbolique précise.  Les hommes se sont depuis initiés à cette technique et sont devenus de véritables artistes, mêlant traditions et graphismes esthétiques.

    Bémol à toute cette histoire, on peut regretter le succès mondial du bogolan, devenu en Occident un tissu à usage décoratif. Ainsi la technique traditionnelle est souvent délaissée au profit d'un graphisme pauvre et d'un travail peu soigné voire d’une industrialisation de la production.
Il n’appartient qu’au consommateur de faire le bon choix… !

Pour de plus amples informations:

Le site des artisanes maliennes www.mali-mousso.com
Le site du Mali et du Bogolan www.maliba.com

                                                                                                                Par Véro !

Posté par Magnadaoue à 15:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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